Bagage à main8 min de lecture
La panoplie mi-saison : un seul sac pour des matins à 8°C et des après-midis à 22°C
En septembre, on passe de 8°C le matin à 22°C l'après-midi, le même jour. Voici le système de superposition qui couvre un écart de 15 degrés depuis un petit sac.
La semaine la plus difficile à préparer en Europe n'est ni janvier ni août — c'est celle dans laquelle vous êtes sur le point de vous envoler. De la mi-septembre à début novembre, une seule journée à Cracovie ou à Porto peut commencer à 7°C dans l'obscurité et se terminer à 21°C en plein soleil. La réponse instinctive à cet écart, c'est le volume : un pull pour le matin, un t-shirt pour l'après-midi, une veste pour le soir. Trois vêtements, dont un seul est réellement utile à un instant donné, les trois voyageant dans un sac censé glisser sous un siège.
Il existe une meilleure réponse, et ce n'est pas un sac plus grand. Il s'agit de considérer vos vêtements comme un système de couches fines que l'on ajoute et retire au fil de la journée, plutôt que comme une série de tenues quotidiennes. Bien pensée, toute la panoplie d'automne — environ 17 pièces, de quoi tenir une semaine ou bien plus longtemps — tient dans le bagage personnel gratuit de la plupart des compagnies low-cost, les éléments les plus volumineux restant sur vous pendant le vol, là où ils ne coûtent rien.
L'écart est le problème, pas le froid
La mi-saison est douce dans l'absolu. Ce qui met à mal les plans de bagages, c'est l'écart entre le minimum du matin et le maximum de l'après-midi, qui en Europe continentale atteint régulièrement 10 à 13°C en l'espace de 24 heures.
Fourchettes quotidiennes approximatives lors d'une année normale :
| Ville | Fin septembre | Fin octobre |
|---|---|---|
| Lisbonne | 17–26°C | 14–21°C |
| Barcelone | 17–26°C | 13–21°C |
| Rome | 15–27°C | 11–20°C |
| Budapest | 11–21°C | 6–14°C |
| Cracovie | 8–18°C | 4–12°C |
| Édimbourg | 9–15°C | 6–11°C |
Il faut lire ces chiffres comme deux voyages bien différents. Lisbonne fin septembre, c'est des vacances d'été avec une petite demi-heure fraîche après le coucher du soleil. Cracovie fin octobre, c'est un vrai voyage d'automne où l'on a les mains dans les poches dès cinq heures de l'après-midi. La panoplie ci-dessous gère les deux cas, car les couches sont identiques — seuls leur nombre et l'ordre dans lequel on les porte changent.
Trois couches valent mieux que six tenues
Le principe de la superposition est ancien, éprouvé, et largement sous-exploité par les voyageurs urbains qui l'associent à la randonnée. Il remplit trois fonctions :
- La base. Elle touche la peau et évacue la transpiration. Un t-shirt ou un haut à manches longues. La laine mérinos ou un mélange synthétique bat le coton ici, car elle continue de fonctionner une fois humide et ne se met pas à sentir après un seul port.
- La couche intermédiaire. Elle emprisonne l'air chaud. Un pull léger, une polaire fine ou une couche isolante compressible. C'est de là que vient presque toute votre chaleur, et c'est la couche que l'on a le plus tendance à surdimensionner — épais rime avec encombrant, pas avec plus chaud, dès lors qu'on a deux autres couches autour.
- La coque. Elle bloque le vent et l'eau. C'est le vent qui vous vole vraiment votre chaleur sur un pont à Porto ou sur un quai de tram à Vienne ; une coque coupe-vent très légère par-dessus un t-shirt réchauffe davantage qu'un gros pull porté seul.
C'est l'arithmétique qui fait gagner cette méthode. Trois couches offrent huit combinaisons, du simple t-shirt à 24°C aux trois couches réunies à 6°C avec du vent. Six tenues distinctes n'en offrent que six, chacune figée à la température que vous aviez devinée pour la porter.
La panoplie d'automne en 17 pièces
De quoi tenir une semaine complète et, avec un lavabo et vingt minutes, trois semaines. Ajustez les quantités, pas les catégories.
- Quatre t-shirts ou hauts à manches courtes, en mérinos ou mélange synthétique.
- Un haut à manches longues — la couche qui travaille le plus en octobre.
- Une chemise qui fait habillé. Col, boutons, pas de logo. C'est votre couche restaurant et votre couche intermédiaire.
- Un pull léger ou une polaire fine.
- Une veste isolante compressible ou une couche matelassée légère, si vous partez vers le nord ou dans les terres.
- Une coque coupe-vent et imperméable qui se replie à peu près à la taille d'un livre de poche.
- Deux bas : un pantalon ou un jean (porté dans l'avion), et un pantalon plus léger ou une jupe/robe.
- Sept sous-vêtements.
- Quatre paires de chaussettes — dont une plus épaisse, pour le jour où le vent se lève.
- Une écharpe ou un tour de cou. Vingt-cinq grammes, et ça change la chaleur d'une veste plus qu'une couche entière supplémentaire.
Le maillot de bain reste dans le sac s'il y a un bain thermal, une piscine d'hôtel ou une plage atlantique au programme — Budapest comme la côte portugaise le justifient encore bien avant dans octobre. Tout ce que vous seriez tenté d'ajouter d'autre, c'est le cinquième t-shirt, et vous ne le porterez pas.
Ce que vous portez en passant la porte d'embarquement
La panoplie ci-dessus ne tient dans un petit sac que parce que la coque, le pull, le pantalon et les chaussures sont sur vous au moment d'embarquer. Ce n'est pas une astuce — c'est tout le principe. La plupart des compagnies low-cost plafonnent le bagage gratuit sous le siège par ses dimensions, et ce sont les dimensions qui comptent :
| Compagnie | Bagage gratuit sous le siège | Volume approx. |
|---|---|---|
| Ryanair | 40 x 20 x 25 cm | environ 20 litres |
| Wizz Air | 40 x 30 x 20 cm | environ 24 litres |
| easyJet | 45 x 36 x 20 cm | environ 32 litres |
Ce sont les limites publiées au moment de la rédaction, et elles évoluent — vérifiez la politique actuelle de la compagnie avant de partir, et notez que le gabarit de Ryanair est le plus serré des trois, avec environ 20 litres. Faites votre bagage pour la compagnie la plus stricte de votre itinéraire, et tout le reste devient facile.
Vingt litres semblent impossibles pour dix-sept vêtements, jusqu'à ce qu'on pèse ce qui y entre vraiment : quatre t-shirts, un haut à manches longues, une chemise, un bas de rechange, onze petits articles et une coque, ça ne fait pas beaucoup de tissu. Ce qui tue tout, c'est l'air. La compression — sangles, roulage serré, s'asseoir sur le sac pour le fermer — vaut plus de litres que n'importe quelle méthode de pliage astucieuse. Si vous choisissez un sac pour cela, achetez la compression, pas la capacité ; le sac à dos compressible de Ryanwear est conçu pour le gabarit du bagage personnel Ryanair précisément pour cette raison, mais le principe vaut quel que soit ce que vous transportez.
Une chose à savoir au moment de l'embarquement : un sac souple légèrement trop plein peut généralement être tassé dans un gabarit, ce qu'un sac rigide légèrement trop grand ne peut pas faire. En mi-saison, quand votre sac est rempli de lainages compressibles plutôt que de sandales d'été rigides et de flacons de crème solaire, vous avez plus de marge que vous ne le pensez.
La pluie, c'est là qu'on se trompe
La pluie d'automne en Europe dure rarement toute la journée et n'est presque jamais forte — c'est vingt minutes, trois fois par semaine, généralement entre deux activités. Cela plaide fortement pour la coque et contre le parapluie, encombrant, monopolisant une main, et qui se retourne sur n'importe quelle côte atlantique.
Deux détails font fonctionner la solution coque. D'abord, une capuche : elle rend le parapluie totalement superflu. Ensuite, des pieds secs — des chaussettes mouillées mettent fin à une journée de visite plus vite que le froid ne le fera jamais, d'où l'intérêt qu'une de vos quatre paires soit plus épaisse et sèche plus vite, et que vos chaussures principales soient résistantes à l'eau plutôt qu'en toile.
Les chaussures, sans détour
Les chaussures sont, à elles seules, le poste le plus volumineux de tout bagage d'automne. La règle est donc simple : deux paires au total, dont une toujours aux pieds.
- Aux pieds : la paire la plus volumineuse, la plus chaude, la plus résistante aux intempéries. Confortable pour 20 000 pas, assez sobre pour passer dans un bon restaurant.
- Dans le sac : quelque chose de plat et compressible — une basket fine, un mocassin, une espadrille si vous partez vers le sud. Ça doit s'écraser sans problème.
En cas d'hésitation, demandez-vous à quoi ressemble la soirée la plus froide et la plus humide du voyage, et portez cette paire-là à l'aéroport. Une troisième paire implique soit un second sac, soit laisser le pull à la maison — et le pull vaut plus.
Une journée dans la panoplie
Voici à quoi ça ressemble en pratique, un jour de mi-octobre à Prague oscillant entre 5°C et 14°C.
- 8h00, 5°C : t-shirt, manches longues, pull, coque, écharpe. Les cinq couches portées.
- 11h00, 10°C au soleil : la coque enlevée, direction le sac. Elle n'y pèse rien.
- 14h00, 14°C en montant une côte : le pull aussi retiré. Vous êtes en deux fines couches, à l'aise.
- 19h00, 8°C et venteux : pull remis, coque remise, écharpe relevée. Les mêmes vêtements, quatre journées différentes.
Rien ici n'a été emporté pour une seule température. C'est là toute l'économie réalisée.
Ce qui reste à la maison
- Le manteau épais. C'est une couche intermédiaire et une coque fusionnées en une seule pièce, dimensionnée pour la pire heure du voyage, et impossible à démonter.
- Le second jean. Le denim est, au poids par port, le vêtement le plus dense que vous possédez.
- Les produits de toilette en format standard. Les voyages de mi-saison sont courts, et il y a une pharmacie dans chaque ville européenne.
- La tenue habillée « au cas où ». Si la chemise chic et le pantalon foncé ne suffisent pas pour entrer dans un restaurant, ce restaurant n'aurait de toute façon pas eu de table pour vous.
Le test pour tout le reste : nommez l'heure précise du jour précis où vous le porterez. Si vous en êtes incapable, ce n'est pas un vêtement — c'est une précaution superflue, et ce sont ces précautions qui transforment un bagage personnel gratuit en bagage cabine payant.
Voyagez léger. Zéro frais de bagages.
L'équipement derrière ce blog — taillé pour voyager gratuitement sur Ryanair, Wizz Air & cie.
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